L'électrique s'impose dans l'utilitaire et la distribution urbaine
Il n'y a désormais plus aucun doute sur ce segment : l'électrification des camionnettes et utilitaires, encore embryonnaire en 2023, est devenue tangible en 2025. Le Pacte Vert européen ne laisse plus le choix aux industriels, et cette dynamique profite en premier lieu aux marques chinoises, qui maîtrisent l'ensemble de la chaîne batterie (matériaux, cellules, véhicules complets) et en font leur cheval de Troie pour entrer sur le marché européen.
La distribution urbaine cristallise le plus d'appétence pour l'électrique : kilométrages limités et planifiables, besoin de silence pour les livraisons nocturnes, temps d'immobilisation dans les bouchons. Renault Trucks l'a illustré avec son porteur D E-Tech, équipé d'accumulateurs LFP de 176 kWh en valeur brute. La synthèse SOLUTRANS détaille les caractéristiques techniques complètes de ce modèle, ainsi que les offres concurrentes déjà positionnées sur ce segment.
Les besoins de recharge des poids lourds électriques, une équation à grande échelle
C'est l'un des chiffres les plus commentés du salon : selon Enedis, l'énergie nécessaire pour recharger les poids lourds électriques pourrait atteindre 11,8 TWh en 2035 à l'échelle nationale, avec des appels de puissance représentant jusqu'à 2,4 GW. Un ordre de grandeur qui interroge directement les gestionnaires de flottes et les aménageurs de zones logistiques.
Certaines plateformes, comme celle de Saint-Quentin-Fallavier en Isère, pourraient à elles seules nécessiter 10 MW de puissance dès 2035. Enedis est formel sur ce qu'implique cette transition, notamment sur les zones logistiques denses. La synthèse revient en détail sur les zones identifiées comme sensibles et sur les recommandations de coordination entre distributeurs d'énergie, transporteurs et collectivités.
Biocarburants : un rôle à préciser, une dépendance à surveiller
Les biocarburants représentent aujourd'hui 10% de la consommation primaire d'énergies renouvelables en France, selon le SDES. Le biodiesel en constitue 73 %, principalement composé d'esters méthyliques d'acides gras (EMAG). Mais la France reste importatrice nette sur ce segment, avec une dépendance marquée à quelques pays voisins.
La directive RED III fixe par ailleurs un sous-objectif contraignant de 5,5 % pour les biocarburants avancés et les carburants renouvelables non biologiques, dont l'hydrogène bas carbone. La synthèse SOLUTRANS détaille la répartition précise des flux d'importation et d'exportation français, un éclairage utile pour comprendre les marges de manœuvre réelles de la filière biocarburants.
Les grands routiers, encore ouverts au panel énergétique
Contrairement à la distribution urbaine, les 26 tonnes et plus restent un terrain où le mix énergétique reste pleinement d'actualité. Diesel, B100, HVO, GNV : plusieurs constructeurs, dont Scania et MAN, ont fait le choix d'exposer une vision multi-énergies plutôt qu'un pari exclusif sur l'électrique. Scania a par exemple mis en avant l'ensemble des énergies alternatives au gazole, hydrogène excepté.
L'hydrogène reste néanmoins présent sur les segments à forte intensité énergétique embarquée, avec des constructeurs comme MAN, Toyota Motors ou Hyundai HTWO qui poursuivent leurs développements. La synthèse explique pourquoi ces énergies "thermiques alternatives" pourraient toutefois disparaître des catalogues à l'horizon d'Euro VII, sauf pour certains usages précis.
Batteries : la prochaine rupture technologique ?
Le futur des batteries se joue aussi sur la chimie. L'objectif affiché par les fabricants est d'atteindre, d'ici cinq ans, une densité énergétique de 750 à 900 Wh/kg grâce aux batteries à électrolyte solide, soit un triplement par rapport aux accumulateurs actuels. Reste un obstacle de taille : les investissements déjà réalisés par les spécialistes du lithium-ion dans leurs lignes de production actuelles.
Autre enjeu suivi de près par la filière, celui de la seconde vie des batteries et du diagnostic rapide de leur état de santé, un sujet sur lequel le CEA a annoncé une avancée notable fin 2025. La synthèse SOLUTRANS développe ces perspectives technologiques à 5 ans, avec les freins industriels identifiés et les projets européens en cours.
