Le transport routier de marchandises n’échappe pas à la révolution de l’intelligence artificielle ! Automatisation des tâches administratives, optimisation des processus ou encore émergence des agents IA : les opportunités se multiplient pour les entreprises du TRM. Dans cet épisode de SOLUTRANS OnAIR, Hervé Rébillon échange avec Arthur Awaki, cofondateur & expert Agent IA TMS chez Dashdoc, afin de décrypter les usages actuels et les perspectives de l'intelligence artificielle dans le secteur du transport routier.
Iframe YouTube Responsive

L'intelligence artificielle ne se limite plus aux démonstrations technologiques ou aux outils grand public. Dans le transport routier de marchandises, elle s'intègre progressivement aux logiciels métiers et aux systèmes de gestion afin d'automatiser certaines tâches chronophages et d'améliorer la performance opérationnelle des entreprises. Mais où en est réellement son adoption ? Quels bénéfices apporte-t-elle aux transporteurs ? Et quelles évolutions peut-on attendre dans les prochaines années ?

Intelligence artificielle et transport routier : un outil d'aide à la décision plus qu'un remplaçant

Hervé Rébillon : Aujourd'hui, l'intelligence artificielle est présente dans de nombreux domaines du quotidien et du monde professionnel. Peut-on dire qu'elle fait désormais partie des outils du transport routier ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Oui, tout à fait. Même si les intelligences artificielles génératives sont très médiatisées depuis quelques années, l'IA est présente dans le transport depuis bien plus longtemps. Les premiers algorithmes d'optimisation des tournées sont apparus dès les années 2000-2010 et participent déjà à l'amélioration des opérations logistiques.

Aujourd'hui, les grands modèles de langage (LLM) ouvrent de nouvelles possibilités en permettant d'automatiser un nombre croissant de tâches administratives et opérationnelles.

 

Hervé Rébillon : L'intelligence artificielle doit-elle être considérée comme un nouvel acteur de l'entreprise ou comme un simple outil ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : L'IA ne remplacera pas l'humain. Dans le transport, la gestion des conducteurs, des exploitants et de la relation client reste au cœur du métier. En revanche, elle permet d'automatiser des tâches répétitives et chronophages comme la saisie, les contrôles ou certaines vérifications administratives.

L'objectif est avant tout de libérer du temps pour permettre aux équipes de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

 

Hervé Rébillon : Les entreprises de transport restent-elles méfiantes vis-à-vis de l'IA ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Les craintes existent encore, mais elles diminuent à mesure que les usages se concrétisent. L'adoption ne repose pas sur une question de croyance, mais sur des résultats tangibles. Lorsqu'un transporteur constate qu'un outil lui fait gagner du temps ou améliore sa productivité, l'intérêt devient évident.

Certaines inquiétudes persistent néanmoins autour de la perte de contrôle ou de la fiabilité des décisions automatisées. C'est pourquoi les solutions actuelles intègrent toujours une validation humaine afin de garantir la confiance dans les processus.

Sur le même sujet : [CONFERENCE] L’intelligence artificielle, déjà présente dans le transport (avec le LAB'IA Transport)

Comment l'IA automatise les tâches administratives dans le transport routier

Hervé Rébillon : Concrètement, comment l'intelligence artificielle peut-elle aider les entreprises de transport au quotidien ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : L'un des cas d'usage les plus répandus consiste à automatiser la création des ordres de transport à partir des documents reçus par e-mail.

Grâce aux technologies d'OCR et aux modèles d'intelligence artificielle, un système peut analyser automatiquement un document de transport, identifier le client, la marchandise, les lieux de chargement et de livraison, ainsi que les différentes contraintes opérationnelles. Toutes ces informations sont ensuite préremplies dans le TMS.

L'utilisateur n'a plus qu'à effectuer une vérification rapide avant validation, ce qui permet de réduire considérablement le temps de saisie.

 

Hervé Rébillon : Quel est l'accueil réservé à ce type de solution ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Il est très positif. Les professionnels considèrent généralement que la ressaisie d'informations n'apporte aucune valeur ajoutée. Automatiser ces tâches permet de gagner un temps précieux tout en réduisant les risques d'erreur.

Les taux de réussite dépassent aujourd'hui régulièrement les 90 %, ce qui favorise largement l'adoption de ces outils.

 

Hervé Rébillon : L'IA peut-elle intervenir sur d'autres processus ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Oui, les possibilités sont nombreuses. Nous travaillons notamment sur le contrôle automatisé des factures des sous-traitants. L'intelligence artificielle compare les montants facturés avec les données enregistrées dans le TMS afin de détecter d'éventuels écarts.

Au-delà du gain de temps, cela permet de sécuriser les marges et d'éviter les erreurs de facturation qui peuvent avoir un impact direct sur la rentabilité de l'entreprise.

Agents IA : quelles perspectives pour les transporteurs ?

Hervé Rébillon : On parle de plus en plus d'agents IA. Quelle différence avec une intelligence artificielle classique ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Une IA classique exécute généralement une tâche précise pour laquelle elle a été conçue. Un agent IA dispose d'une plus grande autonomie dans l'exécution de ses missions.

Par exemple, il peut recevoir une demande comme « Quels transports ont été réalisés hier ? » puis effectuer lui-même les différentes étapes nécessaires pour rechercher l'information, analyser les données et produire une synthèse pertinente.

 

Hervé Rébillon : Quelles seront les prochaines évolutions ?

Arthur Awaki (Dashdoc) : Les prochaines années devraient voir apparaître des agents de plus en plus autonomes, capables d'effectuer des contrôles, des recherches ou des analyses avec une intervention humaine minimale.

Le principal frein reste aujourd'hui l'absence de solutions clés en main spécifiquement adaptées au transport routier. Mais les technologies évoluent très rapidement et les premiers usages concrets devraient continuer à se multiplier dans les années à venir.

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Si l'intelligence artificielle ne remplacera pas les femmes et les hommes qui font vivre le transport routier de marchandise, elle s'impose progressivement comme un levier de performance pour les entreprises. Automatisation des tâches administratives, sécurisation des marges, optimisation des processus ou développement des agents IA : les applications se multiplient et ouvrent de nouvelles perspectives pour la filière.

Des sujets qui seront au cœur des réflexions de SOLUTRANS 2027 et des Rencontres de la Filière, où les acteurs du transport routier de marchandises viendront partager leurs retours d'expérience et construire ensemble les solutions de demain.