Recharge électrique : des couloirs financés, mais des écarts persistants
Des bases logistiques semi-publiques, mais un cadre réglementaire encore flou
Pour densifier le maillage, plusieurs énergéticiens misent désormais sur la recharge semi-publique, à l'image d'un projet de construction de bases logistiques annoncé pour 2026 en Île-de-France. Une piste prometteuse, mais qui soulève une question réglementaire inattendue : les conditions d'accueil et de repos des conducteurs sur ces espaces, étroitement surveillées par les DREAL et les syndicats.
En cause, une règle peu connue du grand public : pour mettre son chronotachygraphe en pause, un conducteur doit pouvoir vaquer à ses occupations hors du camion, ce qui impose un minimum d'aménités sur les aires de recharge. La synthèse revient sur les arbitrages en cours entre opérateurs, aménageurs et représentants des conducteurs sur ce sujet encore largement ouvert.
Hydrogène et GNV : deux réseaux à des vitesses très différentes
Le réseau hydrogène reste embryonnaire en France, avec seulement 39 stations délivrant du 350 bar, contre une centaine en Allemagne fédérale. Un écart qui éloigne la France de l'objectif européen AFIR d'une station tous les 200 km. Les contraintes administratives françaises n'arrangent rien, ajoutant des délais supplémentaires à un déploiement déjà lent.
Le GNV s'en sort mieux, avec 373 stations recensées fin 2025, mais avec une dynamique contrastée selon les technologies : le GNL peine face à l'électrique avec à peine une centaine de stations, quand le GNC affiche une croissance plus soutenue avec onze nouvelles stations attendues en 2026.
Un baromètre de disponibilité qui interroge la fiabilité du réseau
Au-delà du nombre de stations, c'est leur fiabilité qui inquiète désormais la filière. Selon le baromètre 2025 de l'AVERE France, la part des points de recharge disponibles à 99 % du temps plafonne à 65 %, et les indisponibilités de plus de 7 jours consécutifs concernent 6 % des installations. Des chiffres qui pèsent directement sur la confiance des transporteurs envers l'électrique, en particulier sur les réseaux à faible densité comme l'hydrogène ou le GNL.
La synthèse SOLUTRANS met ces données en perspective avec le nombre de stations spécifiquement dédiées aux poids lourds en Europe, opérationnelles ou en cours de développement, un indicateur clé pour anticiper les prochaines zones de tension.
Le stockage, nouveau relais de développement pour les transporteurs
Ce que la filière retient pour 2027
